Echappée paisible à Kamakura : Bouddha, jardins et plages
Manager Japanspecialist
Budapest, Hongrie
À Kamakura, la journée peut commencer par un moment de méditation face à un Bouddha de bronze du 13e siècle, se poursuivre par une randonnée sur les hauteurs avec vue sur les eaux turquoise, puis s’achever les pieds dans le sable, à regarder les surfeurs attraper les dernières vagues tandis que le soleil disparaît derrière la baie de Sagami. Ici, le sacré et le bord de mer cohabitent naturellement. On peut s’incliner devant des divinités bouddhistes le matin et profiter de l’océan l’après-midi, sans que cela semble contradictoire. Au contraire, ces deux expériences donnent l’impression de résumer parfaitement l’esprit de Kamakura.
Sommaire
- Histoire et importance de Kamakura
- Comment se rendre et se deplacer a Kamakura ?
- Idees d’itineraires pour decouvrir Kamakura
- Le Grand Bouddha : l’ame de bronze de Kamakura
- De temple en temple a travers l’histoire
- Le sentier de randonnee du Daibutsu
- L’atmosphere balneaire de Kamakura
- La ligne Enoden : un voyage en train hors du temps
- Enoshima : l’echappee insulaire
- Bien manger a Kamakura
- Les petits cafés de Kamakura
- Conseils pratiques pour un week-end a Kamakura
- Questions les plus frequentes
L’essentiel à retenir
Ce qu’il faut savoir sur Kamakura en quelques points :
Kamakura constitue une escapade facile depuis Tokyo, qui réunit culture, mer et détente à moins d’une heure de la capitale.
Ancien siège du premier gouvernement shogunal du Japon, Kamakura a joué un rôle majeur dans l’histoire du pays et reste profondément liée à son passé médiéval.
Le Grand Bouddha, les temples historiques et les jardins zen comptent parmi les incontournables de la ville, chaque quartier offrant une ambiance différente.
Kamakura est particulièrement intéressante pour les voyageurs qui aiment associer culture et nature, entre bosquets de bambous, hortensias, chemins forestiers et vues sur l’océan.
Le sentier de randonnée du Daibutsu permet de relier les temples du nord au Grand Bouddha tout en s’éloignant des rues les plus fréquentées.
Au-delà de sa dimension spirituelle, Kamakura possède aussi un charme côtier décontracté, avec ses plages, sa culture surf et ses cafés face au coucher du soleil.
Grâce à la ligne Enoden, à sa cuisine locale et à la proximité d’Enoshima, Kamakura se prête aussi bien à une excursion bien organisée qu’à un week-end en mode “slow travel”.
Histoire et importance de Kamakura
À moins d’une heure au sud de l’énergie intense de Tokyo, Kamakura (officiellement Kamakura-shi) offre ce que la capitale ne peut pas toujours proposer : de l’espace pour respirer. Située dans la préfecture de Kanagawa, cette ville côtière est nichée entre des collines boisées et l’océan Pacifique.
Kamakura a été la capitale du Japon pendant l’époque de Kamakura (1185-1333), sous l’autorité de Minamoto no Yoritomo. Elle est alors devenue le siège du premier gouvernement militaire du Japon et a joué un rôle décisif dans l’histoire du pays. Avec une population d’environ 200 000 habitants, Kamakura était la plus grande ville du Japon à cette période et dépassait Kyoto en autonomie politique et culturelle, même si l’empereur continuait de régner depuis Kyoto.
Ses collines et ses baies formaient une forteresse naturelle, offrant des avantages défensifs stratégiques qui ont contribué à son importance historique. Aujourd’hui encore, les traces de cette grandeur médiévale restent disséminées dans ses vallées et sur ses versants :
Kamakura Gozan : les cinq grands temples de Kamakura, parmi lesquels Engaku-ji, Kencho-ji, Jochi-ji, Tokeiji et Hase-dera.
Tsurugaoka Hachimangu : fondé par Minamoto no Yoritomo, il s’agit du sanctuaire shinto le plus important de Kamakura, dédié à Hachiman, dieu de la guerre.
Les sept entrées de Kamakura : des passages de montagne aménagés par l’homme, qui constituaient les seuls accès terrestres à la ville et servaient de points de défense naturels.
Après la chute du shogunat en 1333, Kamakura a entamé un long déclin, avant de connaître une lente renaissance comme destination touristique pendant l’époque d’Edo. Encore aujourd’hui, on la surnomme parfois la « petite Kyoto » en raison de son riche patrimoine culturel. Ses sentiers de randonnée, ses temples, ses plages, ses restaurants locaux et ses jardins zen sont désormais faciles à rejoindre, ce qui en fait une destination idéale pour une excursion d’une journée ou pour un week-end paisible depuis Tokyo. Voici ce qu’il ne faut pas manquer.
Comment se rendre et se deplacer a Kamakura ?
Pour rejoindre Kamakura depuis Tokyo, le plus simple est de prendre le train. La ligne JR Yokosuka, au départ de Tokyo Station ou Shinagawa Station, et la ligne JR Shonan-Shinjuku, au départ de Shinjuku ou Shibuya Station, mettent toutes deux environ 55 minutes à 1 heure. Le trajet coûte environ 950 yens l’aller.
Une fois à Kamakura, les déplacements sont relativement simples. Les principaux temples et sanctuaires de la ville se trouvent entre 1 et 3 kilomètres de la gare centrale, reliée aux environs par des bus locaux, les lignes JR et la ligne Enoden (Enoshima Electric Railway). Par beau temps, louer un vélo près de Kamakura Station ou de Kita-Kamakura Station peut être une façon agréable et pratique d’explorer la ville.
Les pass de transport à Kamakura
L’Enoshima Electric Railway relie Kamakura à Enoshima et constitue l’un des moyens les plus agréables de découvrir la région. Kamakura propose un pass 1 jour sur la ligne Enoden, appelé Kamakura Free Environment Pass. Pour 900 yens, il permet d’explorer les principales attractions situées le long de la ligne Enoden, avec des trajets illimités et la possibilité de faire des arrêts dans les petits quartiers de la ville.
Si vous prévoyez de combiner Kamakura avec l’île d’Enoshima, le 1-Day Enoshima-Kamakura Freepass donne accès à des trajets illimités sur la ligne Enoden entre Kamakura et Enoshima, ainsi que sur le monorail Shonan entre Fujisawa et Enoshima. Une option supplémentaire permet aussi de rejoindre Fujisawa depuis Shinjuku Station via la ligne Odakyu.
Idees d’itineraires pour decouvrir Kamakura
Kamakura et son centre peuvent facilement se visiter en une journée, à condition de bien organiser son programme. Toutefois, pour aller plus loin et profiter de la ville à un rythme plus agréable, nous vous recommandons de passer une nuit sur place et de prévoir deux jours. Voici deux itinéraires simples : l’un consacré au centre de Kamakura, l’autre au nord et à l’ouest de la ville.
Itinéraire d’une journée dans le centre de Kamakura
Pour découvrir les sites centraux de Kamakura, dès votre arrivée à Kamakura Station, commencez par le sanctuaire Tsurugaoka Hachimangu, situé à 10 minutes à pied, puis poursuivez vers le sanctuaire Kamakura-gu. Prenez ensuite le bus jusqu’au temple Hokoku-ji, célèbre pour son impressionnant bosquet de bambous et la possibilité d’y déguster un matcha. Vous pouvez également visiter le jardin Ichijo Ekan Sanso, juste à côté.
Revenez en bus vers Kamakura Station, puis marchez environ 20 minutes ou prenez la ligne Enoden jusqu’à Hase Station pour rejoindre le temple Hase-dera, réputé pour ses vues sur la mer et ses hortensias en juin et juillet. Déjeunez dans l’un des nombreux restaurants ou cafés du quartier de Hase, puis rejoignez à pied le temple Kotoku-in pour admirer le Grand Bouddha de Kamakura.
En fin de journée, retournez vers le centre de Kamakura en longeant la plage à pied ou en reprenant l’Enoden. Terminez par une promenade sur Komachi Street à la recherche de souvenirs, ou par un coucher de soleil sur la plage.
Itinéraire d’une journée dans le nord de Kamakura
Alternativement, ou pour une deuxième journée, nous recommandons d’explorer le nord de Kamakura, en commençant par Kita-Kamakura Station, l’arrêt précédant Kamakura Station sur les lignes JR. Depuis Kita-Kamakura, rejoignez à pied le temple Engaku-ji et ses jardins zen. Continuez ensuite vers Meigetsu-in, célèbre pour ses hortensias, puis déjeunez dans la rue menant au temple.
L’après-midi, partez pour une courte randonnée sur le sentier du Daibutsu, un parcours d’environ 3 kilomètres, accessible aux débutants. Il commence près du temple Jochi-ji et mène au sanctuaire Zeniarai Benzaiten, connu pour sa grotte impressionnante et son rituel censé favoriser la chance financière. Le sentier se termine au Grand Bouddha de Kamakura. Depuis Hase Station, prenez ensuite la ligne Enoden pour explorer la côte et les charmants cafés d’Inamuragasaki, avec une vue possible sur le mont Fuji derrière Enoshima par temps clair.
Le Grand Bouddha : l’ame de bronze de Kamakura
Toute découverte de Kamakura passe presque inévitablement par le temple Kotoku-in, qui abrite le Daibutsu, le Grand Bouddha de Kamakura. Cette statue de bronze emblématique, connue sous le nom de Kamakura Daibutsu, fut coulée en 1252. Assise dans une méditation sereine, elle mesure 13,35 mètres de haut et pèse environ 121 tonnes. Contrairement à son grand cousin de Nara, protégé dans une immense halle en bois, le Bouddha de Kamakura médite à ciel ouvert, exposé au soleil, à la pluie, au vent et à l’air salin.
Ce n’était pas l’idée d’origine. La statue se trouvait autrefois dans une grande salle de temple, mais un tsunami emporta le bâtiment en 1498, laissant le Bouddha assis, calme, au milieu des débris. Plutôt que de reconstruire autour de lui, il fut décidé de le laisser tel quel. Le résultat est l’une des images spirituelles les plus fortes du Japon : le Kamakura Daibutsu est devenu un symbole du patrimoine de la ville, une représentation de l’éveil assise paisiblement sous le ciel, patinée de vert par les siècles, immobile face à l’impermanence du monde.
Le visiter tôt, juste après l’ouverture à 8 h, offre une expérience particulière. Les groupes ne sont pas encore arrivés et la lumière du matin éclaire le visage du Bouddha avec douceur. Les jardins alentour sont assez silencieux pour entendre les oiseaux dans les cèdres du Japon, et l’on peut s’asseoir sur les bancs face à la statue, simplement pour l’observer. Son expression, ni souriante ni sévère, semble contenir une patience infinie. C’est un visage qui veille sur cette baie depuis plus de 770 ans, malgré les séismes, les tsunamis, les guerres et les périodes de paix, comme si tout cela n’était que passager.
Pour les plus curieux, visiter l’intérieur de la statue coûte 50 ¥. On y accède par une petite ouverture afin d’observer, de l’intérieur, les assemblages et les techniques de construction.
De temple en temple a travers l’histoire
Kamakura compte 65 temples bouddhistes et 19 sanctuaires shinto, dont beaucoup remontent à l’âge d’or médiéval de la ville. Vouloir tous les visiter en un week-end serait épuisant et peu utile : une forme de tourisme spirituel transformée en cases à cocher. Une approche plus enrichissante consiste à choisir quelques temples qui révèlent chacun une facette différente de Kamakura, en prenant le temps de les ressentir plutôt que de simplement les photographier.
Le temple Hase-dera
À quelques minutes à pied du Grand Bouddha de Kotoku-in, le temple Hase-dera est réputé pour son importance culturelle et historique à Kamakura. Installé sur une colline qui descend vers l’océan, son bâtiment principal abrite une immense statue en bois de Kannon, déesse de la compassion, haute de plus de neuf mètres et recouverte d’or.
Selon la légende, cette statue aurait été sculptée dans le même camphrier sacré que son pendant situé dans la préfecture de Nara. Une fois achevée, elle aurait été jetée à la mer afin de trouver son propre lieu sacré. Quinze ans plus tard, elle aurait échoué à Kamakura, miraculeusement intacte.
Outre sa statue de Kannon, Hase-dera est également connu pour ses bassins, ses jardins et surtout ses hortensias. De mi-juin à juillet, plus de 1 500 variétés d’hortensias fleurissent, transformant l’enceinte du temple en une mer colorée de bleus, de violets, de roses et de blancs. Les jours de pluie, on peut même observer les nuances changer avec l’humidité.
Accès au temple Hase-dera : Depuis Kamakura Station, prenez la ligne Enoden pendant deux arrêts jusqu’à Hase Station (6 minutes). Marchez ensuite 5 minutes le long de la route principale en suivant les panneaux vers l’entrée du temple. Il est également possible de marcher depuis Kamakura Station en 25 à 30 minutes (1,5 km) vers le sud-ouest.
Le temple Hokoku-ji
Le temple Hokoku-ji est l’adresse idéale pour vivre l’expérience du « temple aux bambous ». Le bâtiment principal et les jardins sont charmants, mais les visiteurs viennent surtout pour sa bambouseraie, où des milliers de tiges élancées forment une forêt verticale d’un vert profond. La lumière traverse la canopée dense en motifs changeants, tandis que le vent, en glissant dans les bambous, produit un son creux et musical, très différent de tout autre bruit naturel.
Une petite maison de thé se trouve au bord de la bambouseraie et sert du matcha accompagné de wagashi, des douceurs japonaises traditionnelles. S’asseoir là, dans l’ombre tachetée de lumière, entouré de bambous qui ondulent doucement, pourrait bien être l’une des demi-heures les plus apaisantes que l’on puisse vivre dans la grande région de Tokyo !
Accès au temple Hokoku-ji : Depuis l’arrêt de bus de la sortie est de Kamakura Station, prenez les bus Keikyu des lignes 23, 24 ou 36 jusqu’à Jomyoji, puis marchez 3 minutes en montée jusqu’à l’entrée de Hokoku-ji.
Le temple Engaku-ji
Engaku-ji, l’un des temples zen les plus importants de Kamakura et l’un des Kamakura Gozan, les cinq grands temples zen de la période shogunale, offre encore une autre expérience. Fondé en 1282, ce vaste complexe s’étend sur plusieurs bâtiments et jardins, donnant une idée de l’ampleur et du raffinement du bouddhisme japonais médiéval.
Sa porte principale, Sanmon, date de 1783 et figure parmi les structures les plus photographiées de Kamakura. Cette imposante porte en bois à deux niveaux encadre les bâtiments du temple avec une intention architecturale très précise.
Accès au temple Engaku-ji : Le temple Engaku-ji est très facile d’accès. Il se trouve à seulement 1 minute à pied de Kita-Kamakura Station, sur la ligne JR Yokosuka.
Le temple Meigetsu-in
Parmi les temples les plus caractéristiques de Kamakura, Meigetsu-in, souvent surnommé Ajisai-dera, le « temple des hortensias », est un paisible temple zen de l’école Rinzai situé dans le nord de Kamakura. Fondé vers 1160, il attire de nombreux visiteurs en juin et juillet, lorsque plus de 2 500 hortensias bleus fleurissent le long de ses chemins sinueux.
C’est un lieu privilégié pour observer le passage des saisons dans un cadre profondément culturel. Dans la salle du temple, on trouve une fenêtre circulaire unique, appelée « fenêtre de la lune » ou « fenêtre de l’éveil », décorée selon la saison avec des compositions d’ikebana. Elle encadre le paysage comme un tableau vivant. Dans le jardin, entre un petit bosquet de bambous, des iris, des érables japonais et un jardin sec évoquant le mont Shumi, il y a toujours un instant saisonnier à saisir.
Accès au temple Meigetsu-in : Le temple Meigetsu-in se trouve dans le nord de Kamakura, à environ 10 minutes à pied de Kita-Kamakura Station, sur la ligne JR Yokosuka.
Le sentier de randonnee du Daibutsu
L’un des plus beaux secrets de Kamakura est le sentier de randonnée du Daibutsu, un parcours relativement facile qui relie Kita-Kamakura Station au Grand Bouddha, en traversant des forêts et plusieurs temples anciens. Le sentier débute au nord de Kamakura, un secteur connu pour ses temples majeurs et son riche patrimoine culturel. Long d’environ 3 kilomètres, il demande entre 1 h 30 et 2 h selon le rythme et les arrêts. Il s’agit davantage d’une longue promenade en forêt que d’une randonnée exigeante, mais c’est une très belle alternative aux trajets à pied le long des routes entre les différents sites.
Le parcours débute près du temple Jochi-ji, passe par un lieu discret dédié à la cérémonie du thé (Houan), puis grimpe rapidement dans les collines boisées. Le chemin alterne entre sentiers de terre, passerelles en bois et escaliers de pierre, avec parfois des ouvertures sur la ville et l’océan. Comparées aux vallées de Kamakura, souvent remplies de visiteurs et de circulation, ces forêts en hauteur semblent calmes et presque isolées. On n’y entend que les oiseaux, le vent dans les feuilles et, parfois, le bruissement du passage d’un des nombreux chats qui semblent régner sur ces bois.
En chemin, plusieurs lieux plus discrets se révèlent au fil de la randonnée. Parmi eux, le sanctuaire Kuzuharaoka, un petit sanctuaire forestier dédié à des divinités locales, offre une halte ombragée parmi les grands cèdres, avec ses lanternes de pierre et son atmosphère paisible.
À mi-parcours, une petite clairière à Azumaya, où se tiennent des festivals saisonniers, et le parc Genjiyama offrent un aperçu de Kamakura en contrebas : des toits de temples apparaissent entre les arbres et, au-delà, le Pacifique s’étire jusqu’à l’horizon. C’est aussi une façon très concrète de comprendre pourquoi ce site fut choisi comme capitale médiévale : protégé par les montagnes sur trois côtés, ouvert sur la mer pour le commerce et les communications, il est à la fois défendable et accessible.
Le chemin passe ensuite par le sanctuaire Zeniarai Benzaiten Ugafuku, dont l’entrée est un tunnel creusé dans une falaise de pierre. Connu comme le « sanctuaire où on lave l’argent », il invite les visiteurs à rincer des pièces dans l’eau sacrée de la source pour attirer la bonne fortune, dans une grotte mystérieuse éclairée par des lanternes. Enfin, le sentier croise le sanctuaire Sasuke Inari, avec son photogénique tunnel de torii rouges qui grimpe vers la crête.
Le parcours débouche ensuite au-dessus des quartiers résidentiels de Kamakura, avant de redescendre vers le Grand Bouddha du temple Kotoku-in.
L’atmosphere balneaire de Kamakura
Après plusieurs heures passées entre temples et forêts, les plages de Kamakura offrent un contraste bienvenu. Le littoral de la ville s’étend sur plusieurs kilomètres, avec différentes zones de plage dont se dégage une ambiance à chaque fois singulière. Yuigahama Beach, la plus vaste et la plus facile d’accès, attire les familles et les amateurs de plage en général. Zaimokuza Beach, juste à l’est, est souvent un peu plus calme. Mais pour ressentir pleinement l’atmosphère balnéaire de Kamakura, Shichirigahama Beach, qui s’étire vers l’ouest en direction d’Enoshima, offre le plus bel équilibre entre sable, surf et ambiance locale.
Shichirigahama Beach
Shichirigahama attire depuis longtemps les surfeurs. Dès que les conditions sont correctes, des dizaines d’habitués en combinaison pagaient pour prendre les vagues. La plage elle-même est large et sablonneuse, bordée par une route côtière où se succèdent cafés et boutiques de surf. En explorant les petites rues juste derrière la plage, on découvre aussi le charme du Kamakura quotidien, avec des boutiques indépendantes et des cafés chaleureux qui donnent un aperçu de la vie locale.
Plusieurs cafés en bord de mer ont acquis une réputation presque mythique auprès de certains habitants de Tokyo en quête d’évasion. Bills Shichirigahama, un café d’inspiration australienne, dispose de grandes baies vitrées ouvertes sur l’océan et sert des pancakes devenus presque cultes. Venir pour le petit-déjeuner implique souvent de faire la queue, mais la combinaison entre vue sur la mer, excellent café et ricotta hotcakes justifie largement l’attente.
Pour une expérience plus locale, Pacific Drive-In propose des tacos façon californienne et de la bière artisanale dans un ancien garage aux portes roulantes ouvertes sur la plage. De son côté, Sunrise Shack sert des açaï bowls, des smoothie bowls et du bullet coffee, dans un esprit de cuisine de plage plus contemporaine.
Regarder le soleil se coucher derrière Enoshima pendant que les surfeurs prennent leurs dernières vagues résume quelque chose d’essentiel dans le charme de Kamakura : la capacité d’être à la fois profondément culturelle et totalement décontractée.
La ligne Enoden : un voyage en train hors du temps
La ligne Enoden (Enoshima Electric Railway) relie les différents quartiers de Kamakura. Ce petit train électrique composé de quatre voitures, chargé d’histoire, est devenu presque aussi emblématique que les temples de la ville. Construite en 1902, cette ligne parcourt 10 kilomètres entre Kamakura Station et Fujisawa, longeant la côte et se glissant dans des passages incroyablement étroits entre les maisons.
L’Enoden ressemble davantage à un tramway qu’à un train classique. Il avance à vitesse modérée, s’arrête dans de minuscules gares et passe parfois si près des habitations que les passagers peuvent apercevoir les fenêtres du deuxième étage. En quittant Kamakura Station, les visiteurs peuvent facilement passer des lignes JR à l’Enoden, ce qui permet de rejoindre de nombreux sites et quartiers de la région.
Le tronçon entre Kamakura et Enoshima est particulièrement agréable, notamment lorsque le train longe directement l’océan, parfois assez près pour que les embruns des grandes vagues atteignent les vitres. Les gares elles-mêmes sont de petits trésors, souvent réduites à un quai et une salle d’attente minuscule.
Gokurakuji Station, élue parmi les plus belles gares du Japon, possède un bâtiment traditionnel en bois entouré d’hortensias. Kamakurakokomae Station, située au croisement des rails et d’une route côtière, est devenue célèbre grâce à l’anime Slam Dunk. Elle attire désormais un autre type de pèlerins : des fans venus recréer des scènes cultes, avec l’océan et l’île d’Enoshima en arrière-plan.
Certains restaurants et cafés locaux ont tiré parti de la proximité unique de la ligne Enoden en orientant leurs sièges et leurs fenêtres vers les rails. Chez yoridokoro, par exemple, on peut déguster un repas japonais traditionnel avec vue sur le passage de l’Enoden. Parmi les autres adresses à visiter figurent aussi le Cafe Luonto, The Circus et AWkitchen Garden.
Le pass 1 jour Enoden (Kamakura Free Environment Pass) coûte seulement 900 yens et permet des trajets illimités. Il devient ainsi facile de descendre à différentes stations, d’explorer les environs immédiats, puis de reprendre le train suivant.
Enoshima : l’echappee insulaire
Bien qu’elle soit techniquement séparée de Kamakura, l’île d’Enoshima se trouve juste au large, reliée à la côte par un pont de 600 mètres. Elle constitue une extension parfaite à un week-end à Kamakura. Cette petite île, qui mesure à peine quatre kilomètres de circonférence, s’élève de façon spectaculaire depuis la mer. Elle est couronnée de sanctuaires, d’un phare et de jardins qui attirent les habitants de Tokyo en quête de loisirs balnéaires depuis l’époque d’Edo.
Les pentes de l’île sont raides. On peut les gravir par des escaliers de pierre, ce qui représente un vrai effort, ou emprunter une série d’escalators installés à travers l’île. Ces escalators peuvent donner l’impression de tricher, jusqu’à ce qu’on réalise qu’ils rendent simplement les hauteurs accessibles aux personnes âgées et aux familles avec de jeunes enfants. Une amélioration très bienvenue, là où l’approche japonaise traditionnelle transforme parfois chaque montée en épreuve d’endurance.
Le sanctuaire Enoshima est en réalité un ensemble de trois sanctuaires distincts qui occupent une grande partie de l’île. Le sanctuaire principal, dédié à Benzaiten, remonte à 1206 et attire les fidèles en quête de chance dans la musique, les arts du spectacle et les affaires financières. Les abords du sanctuaire sont très agréables, mais les principales attractions se trouvent plus haut.
Le jardin Samuel Cocking, un jardin botanique créé par un marchand britannique en 1880, abrite des plantes subtropicales et un phare reconnaissable, la Sea Candle, qui offre une vue à 360 degrés depuis sa plateforme d’observation. Par temps clair, le panorama embrasse toute la côte de Shonan, avec le mont Fuji se dressant majestueusement à l’ouest. Le coucher de soleil depuis ce point de vue, lorsque le ciel devient orange au-dessus du Pacifique et que Fuji se découpe en silhouette, compte parmi les plus beaux spectacles de la région.
Sur la partie ouest de l’île, les grottes marines d’Iwaya ont été creusées par l’action des vagues et par la main de l’homme au fil des siècles. Des moines bouddhistes les utilisaient autrefois pour des pratiques ascétiques. Aujourd’hui, elles sont éclairées par des lumières colorées et abritent des statues représentant dragons et divinités.
Bien manger a Kamakura
La scène gastronomique de Kamakura reflète parfaitement le caractère de la ville : décontractée mais attentive à la qualité, traditionnelle tout en restant ouverte aux influences extérieures. Sa proximité avec la mer et les terres agricoles garantit d’excellents produits, tandis que sa popularité auprès des profils créatifs quittant Tokyo favorise l’apparition régulière d’adresses intéressantes. Beaucoup des meilleurs restaurants et cafés de Kamakura se trouvent à quelques minutes de marche des principaux temples et plages, ce qui permet de découvrir la cuisine locale tout au long de la visite.
Le shirasu-don, un bol de riz garni de minuscules alevins blancs pêchés dans la baie de Sagami, est le plat emblématique de Kamakura. Ces petits poissons translucides et délicats sont uniquement disponibles de mars à décembre. Les déguster frais, parfois quelques heures seulement après leur pêche, est un plaisir saisonnier pris très au sérieux ici. De nombreux restaurants du littoral sont spécialisés dans le shirasu, que l’on retrouve sous plusieurs formes : cru, bouilli, séché, et parfois même en garniture de pizza. La version crue, servie sur du riz avec de la sauce soja et du gingembre, offre une fraîcheur marine presque saisissante.
Pour un repas plus consistant, la proximité de l’océan garantit également d’excellents fruits de mer. Umizoi no Kikori Shokudo sert de très bons assortiments de sashimi et de poisson grillé, en s’approvisionnant directement auprès des pêcheurs locaux.
Les végétariens et les vegans trouveront aussi à Kamakura plus d’options qu’on ne pourrait l’imaginer, notamment grâce à l’influence de la cuisine bouddhiste des temples. Hachinoki Kita-Kamakura Shinkan, près du temple Engaku-ji, est spécialisé dans le shojin ryori, la cuisine végétarienne bouddhiste, présentée avec une élégante simplicité dans des salles traditionnelles en tatami. Les plats mettent à l’honneur légumes, tofu et ingrédients de saison, préparés selon des techniques affinées au fil des siècles. Une belle preuve que la cuisine végétarienne n’a rien d’un compromis et peut atteindre un haut niveau de raffinement.
Les petits cafés de Kamakura
Les ruelles de Kamakura abritent de nombreux petits cafés indépendants, souvent installés dans d’anciennes maisons traditionnelles rénovées. Garden House Kamakura, aménagé dans une ancienne demeure avec un grand jardin, sert un excellent café et des repas préparés avec des produits locaux, dans une atmosphère soigneusement apaisante. Le milieu d’après-midi, une fois l’affluence du déjeuner passée, est le meilleur moment pour s’y installer, choisir une place face au jardin et prolonger la pause café pendant que les oiseaux viennent se poser près des mangeoires.
Kannon Coffee est une autre adresse indépendante appréciée. Inspiré par la statue dorée de Kannon au temple Hase-dera, situé non loin, ce café sert des boissons de saison ainsi que des crêpes originales surmontées d’un petit biscuit en forme de Kannon, comme sur la photo ci-dessus.
Enfin, Verve Coffee s’impose comme une valeur sûre pour le café de spécialité et les gaufres fraîches. Avec plusieurs adresses dans le nord et le centre de Kamakura, c’est une option fiable pour une pause café de qualité.
Les amateurs de café et de bonnes adresses trouveront aussi de nombreuses options sur Komachi Street, près de Kamakura Station, entre restaurants, bars, cafés et maisons de thé.
Conseils pratiques pour un week-end a Kamakura
La meilleure façon de visiter Kamakura est de choisir moins d’étapes et de laisser la place à l’inattendu : une attraction saisonnière, un petit sanctuaire découvert au détour d’une rue, un café qui ne figurait sur aucune liste mais sert un excellent café, de petites statues souriantes cachées dans un jardin de temple, ou encore une conversation avec un surfeur local au sujet des conditions de vagues.
Kamakura se révèle lentement. Un week-end permet d’en découvrir les grands temps forts, mais ne fait qu’effleurer ses différentes strates. Les habitués, et ils sont nombreux parmi les Tokyoïtes qui viennent presque chaque semaine, finissent par avoir leurs temples préférés, leurs plages favorites et leurs restaurants de cœur. À vous de découvrir VOTRE Kamakura !
Questions les plus frequentes
Comment se rendre à Kamakura depuis Tokyo ?
Prenez la ligne JR Yokosuka depuis Tokyo Station ou Shinagawa Station jusqu’à Kamakura Station. Le trajet dure 50 à 60 minutes et coûte environ 950 yens l’aller. Aucun changement n’est nécessaire, ce qui en fait l’une des excursions les plus simples depuis Tokyo.
Combien de jours faut-il prévoir à Kamakura ?
Un week-end, soit deux jours, est idéal pour découvrir les principaux sites de Kamakura sans se presser. Vous pouvez visiter les grands temples, faire une randonnée, profiter des plages et explorer Enoshima confortablement. Une journée est possible, mais demande une organisation précise et implique généralement de renoncer soit à la randonnée, soit au temps au bord de la mer.
Quelle est la meilleure période pour visiter Kamakura ?
Juin et début juillet sont parfaits pour la saison des hortensias dans les temples. L’automne, en octobre et novembre, offre de belles couleurs et une météo agréable. La fin du printemps, en avril et mai, est également intéressante pour ses températures douces et une fréquentation plus modérée. Évitez si possible la Golden Week, fin avril et début mai, ainsi que le pic estival du mois d’août, lorsque l’affluence est la plus forte.
Kamakura vaut-elle le détour si on a déjà visité Kyoto ?
Absolument. Même si les deux villes possèdent de nombreux temples, Kamakura offre ce que Kyoto ne peut pas proposer : des plages, des randonnées côtières et une atmosphère de ville de surf détendue. L’association entre sites spirituels et loisirs en bord de mer rend Kamakura unique, tandis que sa proximité avec Tokyo en fait une escapade idéale.
Peut-on se baigner sur les plages de Kamakura ?
Oui, la baignade est populaire de juillet à début septembre, lorsque les maîtres-nageurs sont présents. L’eau est généralement propre et sûre, même si les vagues peuvent être puissantes. Shichirigahama et Yuigahama sont les plages de baignade les plus fréquentées. En dehors de l’été, les plages sont parfaites pour se promener, mais l’eau reste assez froide.
Faut-il acheter un billet séparé pour chaque temple ?
Oui, chaque temple applique son propre droit d’entrée, généralement entre 200 et 600 ¥. Il n’existe pas de pass commun pour les temples, mais les tarifs restent raisonnables. Prévoyez environ 2 000 à 3 000 ¥ au total pour les entrées des temples sur un week-end complet.
Vaut-il mieux dormir à Kamakura ou faire l’aller-retour depuis Tokyo ?
Les deux options fonctionnent très bien. L’excursion à la journée est facile grâce au court trajet en train depuis Tokyo, mais dormir sur place permet de découvrir Kamakura à l’aube, avant l’arrivée des foules, et de profiter de l’ambiance des plages en soirée. Plusieurs maisons d’hôtes et ryokan proposent des hébergements si vous préférez un rythme plus détendu.
Le sentier de randonnée du Daibutsu est-il difficile ?
Non, c’est un sentier facile, adapté à toute personne ayant une condition physique de base. Le parcours de 3 kilomètres demande entre 1 h 30 et 2 h, avec quelques montées et escaliers, mais rien de technique. Portez des chaussures confortables et emportez de l’eau, surtout en été.
Que manger à Kamakura ?
Ne manquez pas le shirasu-don, un bol de riz garni de petits poissons blancs frais, disponible de mars à décembre dans les restaurants du littoral. Les fruits de mer sont excellents dans toute la ville. La culture des cafés est également très présente, notamment dans les établissements en bord de mer à Shichirigahama. Les végétariens trouveront de bonnes options dans les temples servant du shojin ryori, la cuisine végétarienne bouddhiste.
Peut-on visiter Kamakura et Enoshima en une journée ?
Oui, les deux sites sont très proches : Enoshima se trouve à seulement 25 minutes en train Enoden de Kamakura Station. Beaucoup de visiteurs combinent les deux en une journée, même si cela implique de choisir entre randonnée et visite approfondie des temples. Pour une approche plus détendue, consacrez une journée aux temples et aux chemins de Kamakura, puis une autre aux plages et à l’île d’Enoshima.
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Osaka est une ville effervescente par nature. Mais en 2025, cela va atteindre de nouveaux sommets !